Invisibles Mondes Visibles

02/03/2017 - 15/04/2017

Juliette-Andrea Elie

Invisibles Mondes Visibles
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Invisibles Mondes Visibles
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Invisibles Mondes Visibles
Invisibles Mondes Visibles
Invisibles Mondes Visibles
Juliette-Andréa ELIE
Juliette-Andréa ELIE
Juliette-Andréa ELIE
Juliette-Andréa ELIE
Juliette-Andréa ELIE
Juliette-Andréa ELIE
Juliette-Andréa ELIE

Juliette-Andrea Elie mène une exploration singulière depuis plusieurs années sur le corps et l’environnement en interrogeant la notion d’anthropocentrisme et de paysage.
L’exposition présente ses derniers travaux réalisés pendant plus d’un an lors d’un séjour à Rio de Janeiro, qui abrit la plus grande forêt urbaine au monde, la Foresta da Tijuca.

« Pour l’instant, le voir ne voit pas ;
le voir recueille
Des fibrilles du chemin,
de l’horizon,
et même ne s’aperçoit pas qu’il les recueille
Pour un jour tisser des tapisseries
Qui sont des photographies
d’inaperçue terre visitée »
Carlos Drummond de Andrade


 


Apparition et disparition, entre les mondes


L’enjeu pour Juliette-Andréa Elie est, tout en reprenant les points de vues exploités par Ferrez, de ramener l’esthétique indigène au coeur de la représentation contemporaine du territoire urbain. Elle fait pour cela l’hypothèse d’un retour direct au rapport intime de l’homme à son environnement. Hypothèse confortée par sa lecture du Manifeste Anthropophage (1928) développé par le poète Oswald de Andrade et sa rencontre avec l’anthropologue et philosophe Eduardo Viveiro de Castro.
« Celui-ci insiste sur l’apport significatif de la pensée indigène pour l’avenir du Brésil. L’engagement du corps, l’absence de frontière entre l’humain et le non-humain, les modes de représentation passant par la métonymie plus que par l’image…». Juliette-Andréa Elie


 


Photographie sculptée
Les paysages photographiés sur papier mat et calque sont arrangés selon l’Ars Plumaria des parures de tête des indiens du Brésil. Ces paysages sont autant de territoires, d’horizons pliés, collés, embossés, décalés, superposés. Soustraits à une lisibilité immédiate, ils deviennent des mondes portés. Il n’y a pas lieu de les
inventer, ils sont là infinis. A chaque pli une mémoire, à chaque pli un devenir. Le traitement des parures participe de l’usage visuel qui parcourt le travaille de Juliette-Andrea Elie. On retrouve la question du temps, de la trame mémorielle comme autant de strates pour atteindre le présent, le passage de la deuxième à la troisième dimension (voire au-delà ); et l’action de la pointe sèche forçant le pli comme pour y insérer sa propre présence.