GERARD RONDEAU

08/11/2018 - 22/12/2018

GERARD RONDEAU
GERARD RONDEAU
GERARD RONDEAU
GERARD RONDEAU
GERARD RONDEAU

Pour cette nouvelle exposition, la galerie baudoin lebon nous fait découvrir ou
redécouvrir le travail du photographe Gérard Rondeau.
Grand portraitiste travaillant régulièrement pour Le Monde pendant plus de
vingt ans, réunissant une très grande collection de portraits de peintres et
d’écrivains contemporains, Rondeau sait toujours choisir un angle original et nous
permet ainsi d’échapper aux stéréotypes des clichés d’information.

J’aime le cérémonial du portrait : sonner chez la personne à photographier, entrer, avoir quelques paroles aimables, et en même temps, appréhender l’intérieur, les lumières, deviner des habitudes, se sentir gêné d’être soudain dans le salon ou dans la chambre de quelqu’un que l’on connaissait par les textes ou par une oeuvre, s’excuser d’être indiscret… Et j’en aime la solennité, le moment où l’on engage un rapport de force, ou l’on fait en sorte qu’“il” ou “elle” s’abandonne, où l’on pénètre l’intimité d’un visage, d’une silhouette, d’une épaule, ou l’on est un court instant très proche de quelqu’un qu’on ne reverra peut-être plus. Constituer ainsi une collection de silhouettes, de lumières, de regards. Se faire un monde de portraits, une chronique de la vie peuplée de rencontres, avec le souhait que dans chaque portrait, le spectateur puisse y rencontrer à la fois l’histoire et la fiction.


Gérard Rondeau


 


L’acuité de son regard est certainement prédatrice – comment être photographe si l’on n’a pas l’instinct de chasse ? Mon ami pourrait se rendre maître par la séduction ou l’effet de surprise, empêcher la proie de résister afin qu’elle se rende ; il est bien plus subtil. Il ne montre pas son appareil si bien que ses futures prises ne voient rien venir. Il lui faut cette dessaisie par quoi la victime consent tout à fait à capituler.


Jean -Paul Kauffman


 


S’il est un architecte de la quatrième dimension, c’est Gérard Rondeau. Au-dessus des clochers de Reims, c’est une griffure de traces noires qui donne au ciel sa qualité d’espace métamorphosé en champ vectoriel par un faisceau de passereaux.


Henri Gaudin, architecte


 


BIOGRAPHIE


Gérard Rondeau est né à Châlons-sur-Marne le 10 avril 1953 dans une famille d’instituteurs. Il fait ses études à Reims puis de 1974 à 1976, dirige l’Alliance française de Kandy (Sri Lanka). La découverte du livre À propos de l’URSS, d’Henri Cartier-Bresson, dans la bibliothèque de l’Alliance, sera une révélation. De retour en Champagne, il s’engage dans la photographie en autodidacte.
Pendant plus de vingt ans, il va créer une sorte de compagnonnage avec le journal Le Monde, exécutant une très grande collection de portraits de peintres et d’écrivains contemporains. Des amitiés fortes naissent de ces rencontres. Il photographie le peintre Paul Rebeyrolle en action, parcourt avec le romancier Yves Gibeau les champs de bataille de la première guerre mondiale.
Avec le Quatuor Ysaÿe il visite les grandes scènes du monde. Avec l’écrivain Bernard Frank il procède à l’inventaire des rues de sa vie, remonte la Marne avec Jean-Paul Kauffmann.
Voyageur infatigable, Gérard Rondeau sillonne le monde mais reste profondément lié à sa Champagne natale où il a choisi de vivre, posant un regard nouveau sur les paysages et les hommes qui la composent. Il redécouvre les trésors cachés de la cathédrale de Reims. Il explore les coulisses des musées pendant vingt ans, chronique la vie à Sarajevo durant le siège, dresse un portrait du Maroc contemporain dans un dialogue au-delà du temps avec la peinture et les dessins de Delacroix, écrit la face cachée du Tour de France. Pendant quinze ans, il accompagnera les missions de Médecins du Monde dans le monde entier.
Des Galeries Nationales du Grand Palais à Paris à la National Gallery de Jakarta, de la Maison Européenne de la Photographie à Paris au Festival de la Luz à Buenos-Aires, du Musée de l’Elysée à Lausanne au Martin-Gropius-Bau à Berlin, Gérard Rondeau présente de nombreuses expositions personnelles. À Istanbul, New York, Sarajevo, Rome, il invente des séries particulières.
Gérard Rondeau voyage dans un monde en noir et blanc, il emprunte des chemins sans fin, recherche la trace de pas oubliés, joue avec les mots, les jeux d’ombre et les silences, il assemble des histoires et restitue des mondes en souffrance.
Gérard Rondeau a reçu le “Prix de l’Artiste de l’Année” dans la catégorie “Arts plastiques” à Paris lors des Globes de Cristal 2007.


Gérard Rondeau est décédé le 13 septembre 2016.