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Eikoh HOSOE : Gaudi

16/01/2020 - 14/03/2020

Eikoh HOSOE / 

Eikoh HOSOE : Gaudi

"Pour moi la photographie peut être à la fois un enregistrement et un 'miroir' ou une 'fenêtre' de l’expression de soi. L’appareil photo est en général supposé ne pouvoir décrire ce qui est invisible à l’œil et pourtant, le photographe qui le manie bien arrive à représenter ce qui reste caché dans sa mémoire."  Eikoh Hosoe

Grand nom de la photographie japonaise, Eikoh Hosoe à 83 ans, a su conserver intactes sa prolificité et son influence. Il débuta sa carrière en tant que photographe indépendant dès 1954 à sa sortie du Tokyo College of Photography. Il a été depuis, récompensé de la médaille spéciale lors du 150ème anniversaire de la Royal Photographic Society, il est également honoré au Japon du titre Personal of Cultural Merit, distinction attribuée aux influents de la culture japonaise.


Par un langage photographique dont le style novateur le place parmi l’avant-garde créatrice nippone, Eikoh Hosoe impose son empreinte grâce à une esthétique quasi baroque où le grain de l’image, les mises en scène et les contrastes originaux apparaissent réactionnaires face à une société japonaise autoritaire au sortir de la guerre.


De 1957 à 61, il forme avec les photographes Shomei Tomatsu, Ikko Narahara, Kikuji Kawada, Akira Sato et Akira Tanno, le collectif VIVO qui crée le mouvement « Ecole de l’image » dont l’ascendant marquera le style photographique japonais des années 60 et 70.
Inspiré par ses contemporains (Bill Brandt, Ansel Adams, Edward Winston), Hosoe traque le Beau.Cette quête perpétuelle s’accomplit dans la perception visuelle des nus, des scènes théâtrales qu’il élabore. Le corps devient une idée fixe pour lui, notion impensable dans une culture où le nu n’existe pas. Cette exploration que Hosoe mène par la vision esthétique et contrastée des corps nous renvoie à une réflexion sur l’identité et le moi profond.


 


Hosoe développe un sens unique situé aux croisements de plusieurs formes d’art, combinant la photo avec le théâtre, la danse, le cinéma et l’art traditionnel japonais. A la fin des années 50, il commence à atteindre une certaine notoriété, grâce à sa série Man & Woman. En s’entourant d’artistes influents il aborde les différentes formes d’art. Ainsi pour son ouvrage Kamaitachi il travaille avec Tatsumi Hijikata, danseur du théâtre butô et le construit comme un spectacle, pour l’album Barakei-Killed by Roses il collabore avec l’écrivain Yukio Mishima.


Grâce à la volonté d’un éditeur barcelonais de publier une version espagnole du livre Ba Ra Kei-Ordeal by Roses, le premier contact d’Eikoh Hosoe avec les œuvres de Gaudì se réalise. Mais ce n’est que 13 ans plus tard, en 1977 qu’il commence à photographier le Parc Güell et La Familia Sagrada. Cependant il ne saisit pas à ce moment l’esprit ni l’idéologie du créateur dans ces architectures, ni en 1978 lors de son 3ème shooting, c’est sans doute pour cela que son travail se poursuit jusqu’en 1984.


Hosoe n’a jamais photographié d’architecture au Japon. Il préfère les humains comme modèles mais chez Gaudì, les architectures ressemblent pour lui à des corps au fort potentiel sexuel.
Les photographies d’architecture de Gaudì et de Barcelone dont Hosoe ressent l’esprit zen, que l’on retrouve dans son ouvrage The Cosmos of Gaudì et présentées pour la première fois en France par  baudoin lebon, ne s’éloignent pas de cette recherche car le parti pris de ses perspectives orientées et engagées s’apparentent aux courbures d’un corps humain dont la profondeur en clair-obscur rappelle un spectacle de sons et lumière.